Origines

Les origines du tango restent obscures. Cela commence avec le mot lui-même. Les étymologies sont nombreuses, sans qu'aucune soit conclusive. Les premières, les plus sûres, renvoient à l’Afrique et aux tambours :

  • le mot évoquerait deux coups frappés au tambour, un sur le bois (tan), un sur la peau (go)
  • d’après une définition donnée à Cuba en 1836, un tango aurait été une « réunion de Noirs fraîchement débarqués qui dansent au son du tambour »
  • le mot aurait également pu désigner l’enclos où étaient parqués les esclaves avant leur embarquement et où ils ne pouvaient se mouvoir que les pieds au sol à cause des chaînes, renvoyant au fait que le tango se danse en prise avec la terre
  • dans plusieurs langues d’Afrique de l’Ouest le mot désigne un espace sacré enclos où ne pouvait entrer que les initiés et où on pratiquait danse et cérémonies religieuses au son du tambour

De ces langues africaines vient également le nom milonga.

D’autres hypothèses sont plus proches de nous, mais moins convaincantes :

  • le latin tangere, qui signifie toucher et se conjugue à la première personne du singulier du présent de l’indicatif tango
  • le français tanguer, par analogie avec le mouvement du bateau qui se balance d’avant en arrière ; le tango serait une danse où l'on tangue
  • l’espagnol tangir, jouer d’un instrument
  • l’andalou tanguillo, toupie.

D’autres encore, plus étranges parfois, dont des références au Japon.

Le tango est né aux alentours de 1870 sur le Rio de la Plata dans une population extrêmement métissée. « Les Mexicains descendent des Aztèques, les Péruviens descendent des Incas, les Argentins descendent des bateaux », dit-on. L’économie argentine est en plein essor. Le pays, indépendant depuis 1810, a libéré ses esclaves noirs et unifié ses provinces. Elle se dote d’une capitale, Buenos Aires, et, en 1880, d’une Constitution fédérale. Dès 1870, elle fait appel à l’immigration européenne pour assurer son développement économique. Le port de Buenos Aires voit alors débarquer plusieurs millions d’immigrants, surtout italiens (notamment des Napolitains qui exerceront plus tard une certaine influence sur les mélodies du tango chanté) et espagnols, mais aussi allemands, français, juifs d’Europe de l’Est, etc. qui vont constituer un prolétariat très pauvre. Tous rêvent de faire fortune sur les terres du nouveau monde mais beaucoup d’entre eux vont bientôt perdre leurs illusions. Ils s’entassent à la périphérie sud de la ville dans d’immenses taudis, appelés conventillos, où ils se mêlent à une population locale miséreuse. Celle-ci est composée essentiellement de deux communautés. Celle des anciens paysans et gauchos (gardiens de bétail) qui ont quitté la pampa (campagne argentine), descendants des populations indigènes d’origine amérindienne ou issues des anciens colonisateurs espagnols, et celles des Noirs, mulâtres et créoles descendants eux des anciens esclaves importés le siècle précédent d’Afrique noire vers les Antilles, les Caraïbes et toute une partie du continent latino-américain.

Dans les faubourgs qui se peuplent à vue d’œil, au coin des rues ou dans les cours des conventillos, s’improvisent alors d’humbles petits bals. Avec quelques instruments de musique (flûte, guitare, parfois mandoline, orgue de Barbarie) et les pas de plusieurs danses traditionnelles du monde entier (habanera cubaine, danses andalouses/gitanes, candombé d’origine africaine, contredanse française, polka, folklore tzigane et yiddish, canzione italienne,…) qui mixent tout ensemble les rythmes et les mélodies des européens à ceux des payadores (chanteurs itinérants) et des Noirs des orillas (rives du Rio de la Plata), s’élabore entre 1870 et 1890, à la suite de la payada, une nouvelle danse populaire métissée spécifiquement argentine: la milonga, qui donnera naissance vers 1890-1900 au tango argentin.

La musique au début n’est qu’à danser. En raison du manque chronique de femmes (75 % de la population est masculine), les hommes dansent entre eux. Leur but est d’abord de s’entraîner pour être meilleurs et être plus à même de séduire les femmes, de se confronter au corps féminin, souvent celui d’une prostituée (car le tango naît dans une ambiance sexuelle, dans les maisons closes). Côté musique, apparaissent à partir de 1880 les premiers tangos-milongas et tangos criollos aux couplets naïfs généralement assez obscènes. Citons quelques titres expressifs : Deux coups sans sortir, Secoue-moi la boutique, Un coup bien tiré, El Queco (Le Bordel) ou encore Dame la lata (Donne-moi le jeton, c’est-à-dire le numéro remis par la mère maquerelle au client qui louait les services d’une prostituée).

Les danseurs s’inspirent de leurs danses traditionnelles pour inventer de nouvelles figures tout en imitant, pour les pasticher, les danses picaresques locales et surtout les danses cadencées des Noirs héritées du candombé africain et de la habanera cubaine, cette dernière étant déjà elle-même une version imitée par les anciens esclaves noirs de la contredanse de leurs maîtres espagnols. Cela donne la milonga canyengue, qui devient ainsi le premier véritable style de tango dansé. Il s’agit à l’époque d’une danse assez vive, loin de la mélancolie et des pas retenus qu’imposera le bandonéon.

C’est l’époque du couteau et du courage, dira le poète Jorge Luis Borges, pour qui ce tango né dans les abattoirs et les bordels rioplatenses est le seul authentique.

Agenda

 code couleurs

Cours  Pratique  Atelier    Concert    Milonga  Festival 

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
10
11
12
13
16
17
18
19
20
23
25
26
27
30
31

Recherche dans le site

Free Joomla templates by L.THEME